Gulzar
Green Poems

Les poèmes ci-dessous sont extraits de la traduction française de Jyoti Garin, Martine Gobert et Ganesha Rollé parue aux Éditions Banyan.

मुँह ही मुँह कुछ बुड़बुड़ करता, बहता रहता है दरिया La bouche pleine de murmures, la rivière s’écoule
मुँह ही मुँह कुछ बुड़बुड़ करता, बहता रहता है दरिया
छोटी छोटी ख़्वाहिशें हैं कुछ उसके दिल में…
रेत पे रेंगते रेंगते सारी उम्र कटी है,
पुल पर चढ़ के बहने की ख़्वाहिश है दिल में!
La bouche pleine de murmures, la rivière s’écoule.
De petits, de tout petits désirs emplissent son cœur…
Elle a passé toute sa vie à serpenter le long du sable.
Escalader le pont sur lequel elle s’écoule… Quel désir fou emplit son cœur !
जाड़ों में जब कोहरा उसके पूरे मुँह पर आ जाता है
और हवा लहरा के उसका चेहरा पोंछ के जाती है
एक दफ़ा तो वो भी उसके साथ उड़े
और जंगल से ग़ायब हो जाए!
En hiver, lorsque la brume recouvre son visage tout entier
Et que le souffle de la brise, d’un mouvement léger, essuie son visage et repart
Elle veut au moins une fois s’envoler avec elle
Et disparaître de la forêt !
कभी कभी यूँ भी होता है
पुल से रेल गुज़रती है तो बहता दरिया, पल ही पल बस रुक जाता है
इतनी-सी उम्मीद लिए…
शायद फिर से देख सके वो, इक दिन उस लड़की का चेहरा,
जिसने फूल और तुलसी उसको पूज के अपना वर मांगा था…
उस लड़की की सूरत उसने,
अक्स उतारा था जब से, तह में रख ली थी!
Parfois, il arrive aussi
Qu’au bruit du train sur le pont, le cours de la rivière se fige un instant, un tout petit instant
Avec ce fol espoir :
Revoir un jour le visage de cette jeune fille qui, en quête d’un fiancé,
Lui avait offert des fleurs et du toulsi1
L’image de cette jeune fille,
Saisie alors sous forme de reflet, en son sein est précieusement nichée.
1 तुलसी tulasī nom féminin, Ocymum sanctum, basilic sacré, labiée à fleurs blanches.
मनाली Manali
बड़ी मासूम लगती थी…
पतंगों की तरह उड़ती हुई जब बर्फ़ उतरी थी
Elle semblait si innocente
Lorsque, virevoltante comme des papillons de nuit, la neige tombait.
परिन्दे हैरां हैरां से
ज़रा-सी चोंच खोले देखते थे,
न पर, न आँख, न मुँह है
भला कैसे पतिंगे हैं
पकड़ लो तो हवा की एक गीली बूँद है, जो मुँह में आती है!
Les oiseaux, frappés, stupéfaits,
Le bec entrouvert, la fixaient :
Sans ailes, sans yeux, sans bouche,
Quels sont ces drôles de papillons ?
Attrapez-les : aussitôt en bouche, c’est une goutte d’air humide qui fond !
बड़ी चुपचाप लेकिन रात भर गिरती रही वो बर्फ़ वादी में
न बारिश की तरह गरजी,
न दरवाज़ा किसी का खटखटाया, न किसी खिड़की पे दस्तक दी…
किसी की नींद पर पाँव नहीं रखा,
किसी ख़ामोशी पर आहट नहीं फेंकी,
वो सारी रात बरसी थी…!
Dans un silence absolu, la neige est tombée toute la nuit dans la vallée.
Elle n’a pas grondé comme une pluie battante,
Ni frappé à la porte ou à la fenêtre…
Elle n’a foulé aux pieds aucun sommeil
Ni troublé aucun silence,
La neige est juste tombée toute la nuit… !
बड़ी पोली-सी सुबह थी
फलों की टोकरी से बर्फ़ पर लुढ़कते हुए बच्चे,
तमाशे कर रहे थे,
कोई खिड़की कहीं देखो, वो आबी रंग में क्रिसमस का ग्रीटिंग कार्ड लगती थी
बेचारी ख़ुश्क शाख़ों ने तो अपनी उंगलियों पर
पट्टियाँ-सी बाँध लीं रूई के कपड़े की…
Le matin semblait si doux,
Les enfants se laissant tomber à la renverse des paniers de fruits,
Sur la neige faisaient des acrobaties.
Partout, les fenêtres étaient peintes à l’aquarelle, telles des cartes de Noël.
Comme des doigts, les pauvres branches séchées
S’étaient recouvertes d’un pansement ouaté…
अभी दो माह पहले ही उन्हें पतझड़ ने छीला था
बड़ी मासूम लगती थी, बरसती बर्फ़ की बारिश
मगर बेहिस भी लगती थी
न उसका स्वाद था कोई
न उस से चोट लगती थी
ज़रा-सी ढीठ लगती थी
Voilà deux mois à peine que l’automne les avait écorchées.
Elle semblait si innocente, cette neige tombant à gros flocons,
Insensible,
Insipide,
Caressante,
Juste un peu effrontée !
मुसलसल आठवाँ दिन है
ज़मीं के पास पास उड़ते हुए काले परिन्दे ढूँढते हैं
कोई दाना, कोई पत्ता, कोई ख़ुराक का टुकड़ा,
कि दरियाओं ने भी मोटी-सी चादर ओढ़ ली है बर्फ़ के मुँह पर
छतों ने हैट में आँखें छुपा ली हैं
हवेली ने बड़ी-सी एक गांधी टोपी पहनी है
हवा से बचने की ख़ातिर
हर इक दीवार ने कॉलर चढ़ाए हैं
Voilà maintenant huit jours que cela dure !
Des oiseaux noirs planent au ras du sol pour glaner
Une graine, une feuille, de la nourriture.
Même les rivières ont recouvert leurs visages d’un épais manteau de neige !!!
Les toits ont caché leurs yeux sous un chapeau,
Les havéli portent une calotte comme celle de Gandhi,
Les murs ont relevé leur col
Pour se protéger du vent.
बड़ा चालाक था ये बर्फ़ का हमला…
कि सब से पहले उसने खाने पीने के वसीले बंद कर डाले
Comme il était perfide, cet assaut de la neige…
Il a tout d’abord empêché l’accès aux vivres,
पहाड़ों से फ़रार होने के दर्रों पर कई फुट चौड़ी दीवारें बना डालीं
सभी ‘शहराएं’ बंद कर दीं…
सभी दरवाज़े फाटक, जाम कर डाले
बड़ी ख़ूंख़्वार है ये बर्फ़ जो इस शहर को लेकर हिरासत में खड़ी है
बड़ी मासूम लगती है…
बड़ी चंडाल निकली है!
Rehaussé de larges murs toutes les issues hors des montagnes,
Barré l’accès aux places de la cité,
Bloqué ses portes…
Quelle redoutable tueuse, cette neige qui tient cette ville en captivité :
Elle semblait si innocente…
Elle s’est révélée méchante !
मैं जंगल से गुज़रता हूँ तो लगता है मेरे पुरखे खड़े हैं! Lorsque je me promène dans la forêt…
मैं जंगल से गुज़रता हूँ तो लगता है मेरे पुरखे खड़े हैं
मैं इक नौ ज़ाइदा बच्चा
ये पेड़ों के क़बीले
उठ के हाथ में मुझ को झुलाते हैं
कोई इक झुनझुना फूलों का हाथों से बजाता है
कोई आँखों पे पिचकाता है ख़ुशबुओं की पिचकारी
बहुत बूढ़ा-सा दढ़ियल एक बरगद गोद में लेकर मुझे हैरान होता है, सुनाता है
Lorsque je me promène dans la forêt, on dirait que mes ancêtres sont là, debout autour de moi.
Je suis comme un nouveau-né
Et tous ces bosquets
Me bercent dans leurs bras.
L’un, avec ses mains, agite un hochet à fleurs,
L’autre asperge mes yeux de parfum.
Un vieux banian barbu me prend sur ses genoux ; surpris, il me dit :
तुम अब चलने लगे हो!
हमारे जैसे थे तुम भी, जड़ें मिट्टी में रहती थीं
बड़ी ताकत लगाते थे तुम अपने बीज में सूरज पकड़ने की
ज़मीं पर आए थे पहले
तुम्हें फिर रेंगते देखा…
« Voilà que tu marches maintenant !
Jadis tu étais comme nous, les racines ancrées dans le sol
Mais quelle énergie ta graine déployait déjà pour attraper le soleil !
À peine arrivé sur terre,
Je t’ai vu ramper,
हमारी शाख़ों पर चढ़ते थे, चढ़ के कूद जाते थे, फुदकते थे
मगर दो पाँव पर जब तुम खड़े होकर के दौड़े, फिर नहीं लौटे
पहाड़ों पत्थरों के हो गए तुम!
Grimper sur nos branches ; arrivé en haut, sauter par terre, gambader,
Mais quand, debout sur tes deux pieds, tu t’es mis à courir, tu n’es pas revenu,
Tu as rejoint le monde des roches, des montagnes !
मगर फिर भी…
तुम्हारे तन में पानी है
तुम्हारे तन में मिट्टी है
हमीं से हो…
हमीं में फिर से बोए जाओगे, तुम फिर से लौटोगे!
Mais n’oublie pas…
Ton corps est eau,
Ton corps est terre,
Tu proviens de nous…
En nous tu seras semé, en nous tu retourneras une nouvelle fois ! »
दरख़्त सोचते हैं जब, तो फूल आते हैं Quand les arbres pensent, les fleurs éclosent
दरख़्त सोचते हैं जब, तो फूल आते हैं
वो धूप में डुबो के उंगलियाँ
ख़्याल लिखते हैं, लचकती शाख़ों पर
तो रंग रंग लफ़ज़ चुनते हैं
ख़ुशबुओं से बोलते हैं और बुलाते हैं
Quand les arbres pensent, les fleurs éclosent.
Trempant leurs doigts dans le soleil,
Ils écrivent leurs pensées sur les branches ployées,
Choisissent leurs mots dans la riche palette des couleurs,
Font éclore des nuances de fragrances et nous appellent.
हमारा शौक़ देखिये…
कि गर्दनें ही काट लेते हैं
जहाँ कहीं महकता है कोई!
Voyez notre passe-temps…
Là où un parfum éclot,
Nous lui tranchons le cou !
मोड़ पे देखा है Au coin de la rue
मोड़ पे देखा है वो बूढ़ा-सा इक पेड़ कभी?
मेरा वाक़िफ़ है, बहुत सालों से मैं उसे जानता हूँ
Au coin de la rue, avez-vous jamais vu ce vieil arbre ?
C’est un ami de longue date ; je le connais depuis toujours.
जब मैं छोटा था तो इक आम उड़ाने के लिये
परली दीवार से कन्धों पे चढ़ा था उसके
जाने दुखती हुई किस शाख़ से जा पाँव लगा
धाड़ से फेंक दिया था मुझे नीचे उसने
मैंने खुन्नस में बहुत फेंके थे पत्थर उस पर
Lorsque j’étais petit, j’ai grimpé sur ses épaules
Depuis le mur voisin pour voler une mangue.
Je ne sais quelle branche douloureuse mon pied a touché.
Toujours est-il qu’il m’a jeté à terre avec un bruit sourd.
Énervé, je lui ai jeté une volée de pierres !
मेरी शादी पे मुझे याद है शाखें देकर
मेरी वेदी का हवन गर्म किया था उसने
और जब हामला थी बीबा तो दोपहर में हर दिन
मेरी बीवी की तरफ़ कैरियाँ फेंकी थीं उसी ने
À mon mariage, je me souviens qu’il a proposé ses branches
Pour réchauffer le feu de l’offrande.
Et lorsque ma femme était enceinte, c’est encore lui qui, chaque après-midi,
Faisait tomber sur elle ses mangues vertes pour combler ses envies.
वक़्त के साथ सभी फूल, सभी पत्ते गए Avec le temps, toutes ses fleurs et toutes ses feuilles ont disparu.
तब भी जल जाता था जब मुन्ने से कहती बीबा
‘हाँ, उसी पेड़ से आया है तू, पेड़ का फल है’
अब भी जल जाता हूँ, जब मोड़ गुज़रते में कभी
खाँस कर कहता है, ‘क्यूँ सर के सभी बाल गए?’
J’étais jaloux aussi lorsque ma femme disait au bébé :
« Tu proviens de cet arbre, tu es son fruit ! »
Aujourd’hui encore, j’enrage chaque fois que je passe au coin de la rue
Il tousse et me dit : « Alors, comme ça, tu as perdu tous tes cheveux ? »
सुबह से काट रहे हैं वो कमेटी वाले
मोड़ तक जाने की हिम्मत नहीं होती मुझको!
Mais depuis ce matin, la ville a commencé à le couper
Et je n’ai pas le cœur d’aller jusqu’au coin de la rue !
दिसम्बर Décembre
दिसम्बर में हमेशा बर्फ़ पड़ती है
दिसम्बर लग गया है
En décembre, il neige toujours.
Décembre est là !
दरख़्तों को पता है, पंछियों को लौट कर आने में लम्बा वक़्त जाएगा
गडरिये ख़ाली कर जाएंगे सारी वादियाँ और हाँक कर ले जाएंगे भेड़ों के रेवड़
ढलानों से उतर जाएंगे सब सूरज गुरूब होने से पहले
बड़े सूने लगेंगे शाम के जंगल
बिना आहट उतर आएंगी बर्फ़ें
दिसम्बर लग गया है
Les arbres savent qu’avant le retour des oiseaux le temps sera bien long.
Les bergers auront quitté toutes les vallées, cravachant les troupeaux de moutons rassemblés.
Tous auront dévalé les falaises avant le coucher du soleil.
Les forêts au crépuscule paraîtront bien désertes,
Et sans le moindre bruit de pas, les flocons tomberont.
Décembre est là !
कई फुट बर्फ़ के नीचे भी लेकिन घास अपने बीज लेकर ज़िंदा रहती है
कि जैसे दर्द अपनी कांगड़ी लेकर मेरे सीने में साँसें लेता रहता है!
Mais bien à l’abri sous la neige, les graines de l’herbe à venir, elles, sont bien en vie
Tout comme ma poitrine, lestée de son kangri1, abrite ses langueurs tout au fond de mon cœur !
1 Pot en terre entouré de tresses végétales porté en guise de chaufferette personnelle au Kashmir.
इतनी छोटी दुबली पतली-सी पगडंडी Ce tout petit chemin étroit et mince
इतनी छोटी दुबली पतली-सी पगडंडी
रोज़ पहाड़ की चोटी पर चढ़ जाती है!
और इतनी चौड़ी तारकोल की पक्की सड़क है
कितने बल खाती है लेकिन
ऊपर तक वो जा नहीं सकती!
Ce tout petit chemin étroit et mince
Grimpe tous les jours jusqu’au sommet de la montagne !
Et cette large route goudronnée, si robuste,
Voyez comme elle se démène ! Mais
Elle ne peut jamais arriver jusqu’en haut !
कुएँ के आस पास अब कुछ नहीं है Il n’y a plus rien autour du puits
कुएँ के आस पास अब कुछ नहीं है
ज़रा से फ़ासले पर इक पुराना पेड़ जामुन का
अब उस पर फल नहीं आते…
मगर कुछ फुँदने पत्तों के लग कर, सूख जाते हैं
कुआँ भी अब अतरने लग गया है
कुएँ की सब मुंडेरें ढह चुकी हैं
हरी काई है, दीवारों पे काली पड़ रही है
कोई आता नहीं गाँव की पगडंडी से पानी खींचने अब!
डुबोए कलसी पानी में, उठाए, फिर डुबोए
कुएँ में झाँक कर कुछ गुनगुनाए
या अपने अक्स ही से बात कर ले!
Il n’y a plus rien autour du puits ;
Juste un vieux jamblonier1 tout près
Qui ne porte désormais plus de fruits…
Parfois, tels des pompons, quelques feuilles apparaissent, puis elles disparaissent.
Même l’eau du puits a commencé à refluer,
Et tout son parement s’est effondré.
La vase verte noircit les pans du mur.
Du village, plus personne ne vient puiser de l’eau,
Y plonger la cruche, tirer, l’y replonger,
Fredonner un air en se mirant dans l’eau
Ou bien parler tout simplement à son reflet !
वो कह के तो गई थी, फिर से लौटेगी
मैं छोड़े कुएँ की मानिन्द वहीं ठहरा हुआ हूँ
उतरने लग गया हूँ
ख़ुश्क होता जा रहा हूँ!
Et pourtant, elle avait prononcé la délicieuse promesse du retour…
Comme le puits abandonné, je reste là,
Déclinant,
Tarissant de jour en jour !
1 Le jamblonier ou jamelonier (Syzygium cumini), est un arbre tropical à fleurs de taille moyenne qui est originaire du sous-continent indien (Inde, Bengladesh, Népal, Pakistan, Sri Lanka). Il est cultivé dans les tropiques pour sa valeur ornementale, pour son bois robuste et son fruit comestible que l’on appelle également « prune de Java ». La graine du fruit est utilisée dans la médecine ayurvédique (principalement en cas de diabète) ainsi que dans les médecines unani et chinoise pour les affections digestives.
आँख मिचौली La partie de cache-cache
छोटा-सा शीशे का टुकड़ा
घास के अन्दर छुप के बैठा
मेरी आँख पे सूरज मार के ख़ुश होता है, हँसता है
Un petit morceau de verre
Se cache, blotti sous l’herbe.
Il rit car il projette le soleil dans mes yeux.
सूरज ख़ुश है,
छोटा-सा शीशे का टुकड़ा
घास में रख के खेल रहा है
मेरी आँख पे छींटें मार के छेड़ रहा है
Le soleil est joyeux.
Un petit morceau de verre
Posé sur l’herbe s’amuse.
Il me taquine, éclaboussant mes yeux de lumière.
आँख पे एक हथेली रख के
मैं फ़ौरन दोनों की आँखों से ओझल हो जाता हूँ
उंगलियों की झिरियों से वो दोनों झाँक के
मुझको ढूँढने लगते हैं और मैं आँखें बन्द किये
तेरी गोद में सर रख के छुप जाता हूँ!
कायनात से आँख मिचौली खेल रहा हूँ!
Couvrant mes yeux avec la paume d’une main
Aussitôt je disparais de leurs deux regards.
À travers les doigts, tous deux partent à ma recherche.
Et moi, refermant les yeux,
La tête dans ton giron, je me cache :
Je joue à cache-cache avec l’univers !
टहनी पर बैठा था वो Elle était là, perchée sur une branche
टहनी पर बैठा था वो
नीचे तालाब था पानी का और,
तालाब के अंदर आसमान था
डूबने से डर लगता था
न तैरा, न उड़ा, न डूबा
टहनी पर ही बैठे बैठे बिलाख़िर वो सूख गया!
एक अकेला शाख़ का पत्ता!
Elle était là, perchée sur une branche
Au-dessus d’un étang gorgé d’eau,
Et dans les eaux de l’étang, le ciel.
Elle avait peur de s’y noyer…
Pourtant elle ne nagea, ni ne s’envola, ni ne se noya.
Perchée là-haut sur la branche, finalement, elle flétrit,
La feuille solitaire, perchée sur une branche !
कुल्लू वादी La vallée de Kullu
बादलों में कुछ उड़ती हुई भेड़ें नज़र आती हैं
दुंबे दिखते हैं कभी भालू से कुश्ती लड़ते
ढीली-सी पगड़ी में इक बूढ़ा मुझे देख के हैरान-सा है
On dirait des moutons volant dans les nuages,
Des agneaux livrant combat à mains nues contre des ours.
Perplexe, un vieillard portant un turban lâche me toise.
कोई गुज़रा है वहाँ से शायद
धूप में डूबा हुआ ब्रश लेकर
बर्फ़ों पर रंग छिड़कता हुआ जिसके क़तरे
पेड़ों की शाख़ों पे भी जाके गिरे हैं
Peut-être, quelqu’un est-il passé par là,
Le pinceau trempé dans la lumière du soleil
Éclaboussant de couleurs la neige ; quelques gouttes
Sont aussi tombées sur les branches des arbres.
दौड़ के आती है बेचैन हवा झाड़ने रंगीन छींटें
ऊँचे, जाटों की तरह सफ़ में खड़े पेड़ हिला देती है
और इक धुंधले से कोहरे में कभी
मोटरें नीचे अतरती हैं पहाड़ों से तो लगता है
चादरें पहने हुए, दो दो सफ़ों में
पादरी शमाएं जलाए हुए जाते हैं इबादत के लिए
Impatient, le vent accourt essuyer les gouttes de couleur,
Secoue les grands arbres debout en rang comme des Jat1, fiers et robustes !
Et, parfois dans la brume
Quand les voitures descendent des montagnes, on dirait,
Enveloppés dans des robes, un cortège de prêtres se rendant à la prière
En deux files parallèles, des cierges allumés à la main.
कुल्लू की वादी में हर रोज़ यही होता है
शाम होते ही उतर आता है बादल नीचे
ओढ़नी डाल के मन्ज़र पे, मुनादी करने
आज दिन भर की नुमाइश थी, यहीं ख़त्म हुई!
Dans la vallée de Kullu2, c’est le rituel quotidien :
Le soir, un nuage descend,
Tire le rideau sur la scène et annonce :
« L’exposition du jour se termine ici » !
1 Prononcer djat : anciens éleveurs nomades, ce sont des agriculteurs dans la vallée de l’Indus.
2 La vallée de Kullu est située dans l’État du Himachal Pradesh, dans le Nord de Inde, près de Manali. En raison de la faible altitude et du climat tempéré, elle est très fertile et verdoyante. Le riz est cultivé en terrasses. C’est surtout la qualité de ses pommes qui fait la renommée de cette vallée.
बुड्ढा दरिया La Vieille Rivière
मुँह ही मुँह कुछ बुड़ बुड़ करता बहता रहता है ये बूढ़ा दरिया
दिन दोपेहरे मैंने उसको खर्राटे लेते देखा है
ऐसा चित बहता है दोनों पाँव पसारे
पत्थर फेंके, टांग से खैंचे, बगले आकर चोंचें मारें
टस से मस होता ही नहीं है…!
La bouche pleine de murmures, la Vieille Rivière s’écoule.
Je l’ai vue ronfler à la mi-journée ;
Oublieuse du monde, les jambes allongées, elle s’écoule.
Qu’on lance des pierres, qu’on lui tire les jambes, ou qu’un oiseau vienne s’abreuver,
Elle ne bouge pas d’un iota de son lit… !
चौंक उठता है जब बारिश की बूँदें आकर चुभती हैं
धीरे धीरे हाँपने लग जाता है उसके पेट का पानी
तिल मिल करता रेत पे दोनों बाहें मारने लगता है
बारिश पतली पतली बूँदों से जब उसके पेट में गुदगुदी करती है!
Elle se réveille en sursaut lorsque viennent la piqueter les gouttes de pluie.
Peu à peu son ventre est gorgé d’eau, elle se met à haleter,
Et saisie de frissons, se débat sur le sable
Quand la pluie, de ses fines, très fines gouttelettes, lui chatouille le ventre !

Deux éditions de ce recueil de poèmes écologiques sont disponibles :

Édition bilingue hindi-anglais Édition bilingue hindi-français