Gulzar
Footprints on Zero Line

Gulzar est né en 1936 à Deena, dans la région de Jhelum (alors district de l’Inde Britannique, désormais intégré au Pakistan), 11 ans avant la Partition de l’Inde. Cet ouvrage, publié en 2017, recueille poèmes et nouvelles sur cette plaie encore béante entre les deux pays.

Voici une lecture de ce poème par Fahad Husain :

दस्तक Toc, toc, toc !
Gulzar Traduction : Jyoti Garin, Martine Gobert
सुबह-सुबह इक ख़्वाब की दस्तक पर दरवाज़ा खोला, देखा
सरहद के उस पार से कुछ मेहमान आए हैं
आँखों से मानूस थे सारे
चेहरे सारे सुने सुनाए
De bon matin, j’ai ouvert la porte à un songe qui frappait à ma porte, et j’ai vu
Des hôtes venus de l’autre côté de la frontière.
Je les connaissais tous de vue,
Leurs visages m’étaient familiers.
पाँव धोए, हाथ धुलाए
आँगन में आसन लगवाए
और तन्नूर पे मक्कई के कुछ मोटे-मोटे रोट पकाए
पोटली में मेहमान मेरे
पिछले सालों की फ़सलों का गुड़ लाए थे
Je leur ai lavé les pieds, je leur ai offert l’eau pour se laver les mains,
Je leur ai présenté un siège dans la cour,
Puis je leur ai fait préparer de gros pains de maïs dans le four tandoor.
Dans un balluchon, mes hôtes
Avaient apporté des pains de sucre de palme, récoltes des années précédentes.
आँख खुली तो देखा घर में कोई नहीं था
हाथ लगाकर देखा तो तन्नूर अभी तक बुझा नहीं था
और होंठों पर मीठे गुड़ का ज़ायक़ा अब तक चिपक रहा था
Lorsque j’ai ouvert les yeux, il n’y avait personne dans la maison.
J’ai touché le four tandoor et il était encore tout chaud
Et mes lèvres étaient toutes collantes encore de la douce saveur du pain de sucre.
ख़्वाब था शायद!
ख़्वाब ही होगा!
C’était peut-être un songe !
Cela devait sûrement être un songe !
सरहद पर कल रात, सुना है, चली थी गोली
सरहद पर कल रात, सुना है
कुछ ख़्वाबों का ख़ून हुआ था!
À la frontière, la nuit dernière, il paraît qu’on entendait le crépitement d’une fusillade,
À la frontière, la nuit dernière, il paraît
Que des songes ont été foudroyés !
دستک Toc, toc, toc !
Gulzar Traduction : Jyoti Garin, Martine Gobert
صبح صبح اک خواب کی دستک پر دروازہ کھولا' دیکھا
سرحد کے اس پار سے کچھ مہمان آئے ہیں
آنکھوں سے مانوس تھے سارے
چہرے سارے سنے سنائے
De bon matin, j’ai ouvert la porte à un songe qui frappait à ma porte, et j’ai vu
Des hôtes venus de l’autre côté de la frontière.
Je les connaissais tous de vue,
Leurs visages m’étaient familiers.
پاؤں دھوئے، ہاتھ دھلائے
آنگن میں آسن لگوائے
اور تنور پہ مکی کے کچھ موٹے موٹے روٹ پکائے
پوٹلی میں مہمان مرے
پچھلے سالوں کی فصلوں کا گڑ لائے تھے
Je leur ai lavé les pieds, je leur ai offert l’eau pour se laver les mains,
Je leur ai présenté un siège dans la cour,
Puis je leur ai fait préparer de gros pains de maïs dans le four tandoor.
Dans un balluchon, mes hôtes
Avaient apporté des pains de sucre de palme, récoltes des années précédentes.
آنکھ کھلی تو دیکھا گھر میں کوئی نہیں تھا
ہاتھ لگا کر دیکھا تو تنور ابھی تک بجھا نہیں تھا
اور ہونٹوں پر میٹھے گڑ کا ذائقہ اب تک چپک رہا تھا
Lorsque j’ai ouvert les yeux, il n’y avait personne dans la maison.
J’ai touché le four tandoor et il était encore tout chaud
Et mes lèvres étaient toutes collantes encore de la douce saveur du pain de sucre.
خواب تھا شاید!
خواب ہی ہوگا!
C’était peut-être un songe !
Cela devait sûrement être un songe !
سرحد پر کل رات، سنا ہے ،چلی تھی گولی
سرحد پر کل رات، سنا ہے
کچھ خوابوں کا خون ہوا تھا!
À la frontière, la nuit dernière, il paraît qu’on entendait le crépitement d’une fusillade,
À la frontière, la nuit dernière, il paraît
Que des songes ont été foudroyés !