Neglected Poems

Gulzar
Neglected Poems

Quelques informations sur Gulzar :

Gulzar Online
Wikipedia Version française
Version anglaise, beaucoup plus détaillée
IMDb Sa filmographie (en anglais)

Extrait de sa bibliographie

  • Recueils de poèmes
    • raat pashmine ki, 2002
    • kharashein. radhakrishna prakashan, 2003
    • Triveni, 2005
    • Autumn Moon, 2006
    • kuchh aur nazmein. radhakrishna prakashan, 2008
    • pandrah panch pachhattar (recueil de ses premiers poèmes), 2010
    • Selected Poems, 2012
    • Silences, 2012 (traduction en anglais de poèmes originaux publiés en 1994)
    • Neglected Poems, 2013
    • meelon se din, 2013
    • Green Poems, 2014
    • Pluto, 2015
    • baaghbaan (le jardinier) : traduction de poèmes de Rabindranath Tagore, 2016
    • nindiya chor (le croissant de lune) : traduction de poèmes de Rabindranath Tagore, 2016
    • Suspected Poems, 2017
  • Recueils de nouvelles
    • raavi paar, 1999
    • raavi paar and Other Stories, 2006
    • Half a Rupee Stories, 2013
  • Jeunesse
    • Magical Wishes: the Adventures of Goopy & Bagha, 2010
    • My Favourite Stories: Bosky’s Panchatantra (histoires du Pañchatantra racontées pour les enfants), 2013
    • 100 Best Poems for Children, 2015
    • Hindi for Heart (abécédaire pour enfants), 2014
  • Recueils de scripts et chansons de films
    • Triveni (compilation de poèmes, chansons, dialogues de films), 2001
    • raat pashmine ki (compilation de poèmes, chansons, dialogues et films), 2002
    • meera. radhakrishna prakashan, 2004
    • pukhraj (compilation de poèmes, chansons, dialogues et films), 2005
    • 100 Lyrics, 2009
    • Another 100 Lyrics, 2016
  • Autres écrits
    • parwaaz, 2004
    • Mirza Ghalib: A Biographical Scenario (biographie du célèbre poète), 2006
    • Heads and Tales: aandhi and hu tu tu (histoire combinée de deux films de Gulzar), 2014
    • Footprints on Zero Line: Writings on the Partition (collection d’écrits de fiction, d’histoires réelles et de poèmes sur la Partition de l’Inde en 1947), 2017
    • yaar julahe, 2017

Remarques sur la langue utilisée par Gulzar

Gulzar est né en 1936 à Deena, dans la région de Jhelum (alors district de l’Inde Britannique, désormais intégré au Pakistan), 11 ans avant la Partition de l’Inde.

Ses origines le conduisent à pratiquer une langue très souple, adaptée à son propos poétique (scansion, couleur…), issue du hindustānī1.

Avec la montée des tensions politico-religieuses au XXème siècle, le hindī fait l’objet en Inde d’une politique de sanskritisation artificielle, avec le remplacement, chaque fois que possible, d’un mot persan par son équivalent sanskrit. L’exercice est périlleux, car la notation phonétique pose des questions d’orthographe, certains sons ourdous étant absents du hindī. Parallèlement, l’urdū fait l’objet au Pakistan d’une « re-persanisation » de la langue et une élimination des termes sanskrits.

La présente traduction est basée sur l’édition en devanāgarī du recueil de poèmes Green Poems. L’édition bilingue hindī-anglais tente de transcrire les phonèmes empruntés au vocabulaire arabo persan en y ajoutant des signes diacritiques. En effet, on note dans ces poèmes qu’un même mot peut être orthographié de plusieurs manières différentes : par exemple आसमान āsamāna ou आसमां āsamāṁ (آسماں) « ciel », poème 2. Dans la présente édition bilingue hindī-français, nous avons respecté ces nuances, grâce à un dialogue étroit avec l’auteur. Elle traduit sa volonté d’adapter l’orthographe, et donc la prononciation, à son objectif poétique.

1 Par commodité de langage, on appelle le hindustānī le tronc commun du hindī et de l’urdū. Rappelons que l’urdū se note en alphabet arabo-persan (naskh ou nasta‘līq) et le hindī en devanāgarī.
नौ साला फ़राज़ का कहना है…
Gulzar
बड़ा होने लगा था, फिर खयाल आया
कि रुक जाऊँ…
जो पानी पी रहा हूँ मैं, वो गदला है
हवा भी बासी लगती है!…
सड़क पे छाँव रहती थी
उसे भी टुकड़ा-टुकड़ा काट के सब ले गये कब के
मैं घर आया तो टी. वी. में धुआँ देखा
कहीं पे ट्रेन जलती थी
किसी ने बस जला दी थी
घरों को जलते-गिरते देख कर घर से निकल आया
अगर आधी सदी से, आप ही कहिये
यही सब चल रहा है तो
इसी में आपका बचपन गया होगा
इसी में मैं बड़ा हूंगा
तो फिर कितना ज़रूरी है बड़ा होना !
Paroles d’un déserteur de 9 ans…
Traduction : Francine de Perczynski
Comme je commençais à grandir, il me vint à l’esprit
Que je devrais m’arrêter…
L’eau que je bois est boueuse,
L’air que respire aussi s’avère vicié !…
L’ombre qui caressait la route,
Elle aussi a été déchiquetée, lambeau par lambeau, emportée par les gens il y a bien longtemps !
Quand je suis rentré chez moi, j’ai vu la fumée sur l’écran de la télévision
Par ici, un train en flammes,
Là, quelqu’un avait mis le feu à un bus.
Témoin de maisons incendiées, démolies, je suis sorti de chez moi.
Vous le voyez bien, si tout cela perdure
Depuis un demi-siècle, alors
Quel a dû être le berceau de votre enfance !
Je vais grandir parmi tout cela ;
Alors, est-ce vraiment indispensable de grandir ?
नंग-धड़ंग ज़मीं पर लेटे-लेटे मैंने
Gulzar
नंग-धड़ंग ज़मीं पर लेटे-लेटे मैंने
कितनी बार सुना है इस मिट्टी के नीचे
कुछ आवाजें रेंग रही हैं
कान लगा कर, दरियाओं के छुप जाने की चाप सुनी है,
छोटे-छोटे बीजों के फटने से अन्दर…
पेड़ों के गिरने की सी भारी आवाज़ें गूँजती हैं
औलादों को घर के बाहर जाने से कोई रोक रहा है
ऊपर (là-haut) मत जान कि…
लोग ज़मीं के कपड़े, लत्ते, ज़ेवर, नोच-नोच कर बेच रहे हैं
ज़मीं की दुल्हन लूट रहे हैं चीर हरण का दौर चला है!
Étendu à même le sol nu
Traduction : Francine de Perczynski
कुछ दिन पहले…
Gulzar
कुछ दिन पहले…
पाकिस्तान में बाबा रहते थे
लाहौर बड़ा अपना लगता था
आख़री बार आवाज़ सुनी थी बाबा की
‘गर्मी है, बारिश हो जाए तो ठीक हो जाएगा
साँस दमे में घुटने लगती है!’
साँस ही तोड़ दी बाबा ने
कोई नहीं अब शहर में अपना
लाहौर अब सिर्फ़ पड़ोसी है!
Il y a quelques jours…
Traduction : Francine de Perczynski
Il y a quelques jours…
Baba1 habitait (encore) au Pakistan
(Et) Lahore2 semblait m’appartenir.
Une dernière fois j’ai entendu la voix de Baba :
« Il fait chaud, une petite pluie et tout ira bien :
Respirer, avec cet asthme, c’est si suffocant ! »
Et puis Baba a cessé de respirer.
Maintenant plus personne ne m’attache à cette ville.
Lahore n’est plus qu’une voisine, désormais !
1 Père
2 Deuxième ville du Pakistan après Karachi, Lahore est située dans une région florissante dont le terrain est fait d’alluvions fertiles, dans la plaine du fleuve de l’Indus.
बाबा
Gulzar
जब चिराग बुझता है
इक धुआँ सा उठता है
आफताब शाम को
जब गुरब होता है
टीन का फलक भी तो
देर तक सुलगता है
पत्ते टूटते हैं तो
थोड़ी दूर उड़ते है
तुमने जाते वक्त क्यों
मुड़ के देखा भी नहीं
साँस रोकी और तुम
मिट्टी ओढ़ सो गये।
Père
Traduction : Francine de Perczynski
Quand une bougie s’éteint
Une volute de fumée s’élève ;
Au crépuscule
Quand le soleil disparaît,
Le ciel couleur étain aussi se consume
Pendant longtemps ;
Quand les feuilles se détachent
Elles flottent dans l’air sur quelques mètres.
Pourquoi alors, au moment de partir,
N’as-tu même pas tourné la tête ?
Tu as arrêté de respirer,
Pris la terre comme linceul et sombré dans le sommeil.
उस कलसी का पेंदा नहीं है
Gulzar
उस कलसी का पेंदा नहीं है
जिस कलसी को दरिया में हर रोज़ डुबो कर
पानी भर के लाता हूँ
और अपनी क्यारियाँ सींचता हूँ
पेंदा नहीं है उस लोटे का
जिस लोटे से गंगा घाट पे बैठ के रोज़ नहाता हूँ
और ख़ुश्क बदन को पोंछ के मैं, पोशाक बदल लेता हूँ
बिन पेंदे के डोल से मैं
रोज़ कुंए से पानी खींच के
बाकी बर्तन भरने की कोशिश करता हूँ
सब भांडे प्यासे रहते हैं
बिन पेंदा हैं नाम ख़ुदा के
उनमें अब ईमान नहीं भरता!
Cette cruche n’a pas de fond
Traduction : Francine de Perczynski
Elle n’a pas de fond
Cette cruche que je plonge
Dans la rivière chaque jour
pour prendre de l’eau et arroser mes plantes.
Il n’a pas de fond, ce pichet
Que j’utilise chaque jour pour mes ablutions, assis sur le ghât du Gange,
Avant de sécher mon corps et changer de vêtements.
C’est aussi avec un seau sans fond
que chaque jour, je puise l’eau du puits
Pour tenter d’en remplir d’autres ustensiles :
Tous ces récipients demeurent assoiffés.
Sans fondement sont les noms de Dieu :
On ne peut plus les remplir de vénération ou de foi !
वो जो इक मीयाद थी ना
Gulzar
वो जो इक मीयाद थी ना
इस्तेमाल की…
वो गुज़र चुकी!
दवा की शीशियों पे लिखी जाती है इसी लिए मीयाद बाद इस्तेमाल करने से
दवाइयां भी बासी होने लगती हैं
फिर कोई इलाज कर नहीं पाती (सकतीं)
फिर भी तर्क न हुई तो ज़हर बनने लगती हैं
बासी हो चुके मज़हबो के ए’तक़ाद सब…
वो जो इक मीयाद थी ना, इस्तेमाल की
वो गुज़र चुकी!
La date de péremption
Traduction : Francine de Perczynski
Vous savez cette date de péremption,
D’utilisation…
Ella a expiré !
On l’inscrit sur les flacons des médicaments car une fois la date dépassée, si on l’utilise
La potion même commence à pourrir.
Alors elle ne peut plus soigner
Et si on ne s’en débarrasse pas, alors elle devient du poison.
Toutes les valeurs qui animent les religions sont pourries…
Vous savez, cette date de péremption, d’utilisation,
Elle a expiré !