Kavi Sohanlal Dwivedi
Kavi Sohanlal Dwivedi

Kavi Sohanlal Dwivedi (1906–1988)
युगावतार

Peu d'articles sur l'auteur, surtout connu pour ses poèmes patriotiques (dont celui-ci, en hommage au Mahatma Gandhi) :

Ce poème célèbre la célèbre marche du sel, étape clef dans le bras de fer entre le Mahatma Gandhi et le vice-roi des Indes, Lord Irwin, qui conduira à l’indépendane de l’Inde en 1947. Ce choix, hautement symbolique, fut conçu comme un acte de désobéissance civique, les anglais percevant une taxe sur le sel, équivalente à notre gabelle. Cette marche, longue de 386 km, se déroula du 12 mars au 5 avril 1930. Le lendemain, (date symbolique pour le Mahatma car anniversaire de la grève nationale contre le Rowlatt Act en 1919), il prit un peu d’eau salée dans l’occéan indien et enjoignit ses compatriotes à en faire de même. Il s’ensuivit une grande vague d’arrestations, Gandhi lui-même restant 6 mois emprisonné.

Vous trouverez plus de détails sur ces sites :

Les trois photographies ci-dessous illustrent les trois étapes symboliques de cette marche :

Marche du sel – Départ Marche du sel – Arrivée Les suiveurs de Gandhi prennent de l’eau de mer

 
Une statue, au sud de Delhi, commémore cette marche :

Marche du sel – Statue
Marche du sel – Statue
युगावतार L’époque incarnée
Kavi Sohanlal Dwivedi Traduction : Jyoti Garin
cala paṛe jidhara do ḍaga maga meṁ
cala paṛe koṭi paga usī ora
gaṛa gaī jidhara bhī eka dṛṣṭi
gaṛa gae koṭi dṛga usī ora
Là où il fit deux pas sur ce chemin,
Des milliers de pas le suivirent,
Là où son simple regard pénétra
Des milliers de voies y pénétrèrent
jisake śira para nija hātha dharā
usake śira-rakṣaka koṭi hātha
jisa para nija mastaka jhukā diyā
jhuka gae usī para koṭi mātha
Celui qu’il a béni de sa main,
Des milliers de mains protectrices l’ont béni
Celui devant qui il inclina la tête
Devant lui, des milliers de fronts s’inclinèrent ;
he koṭi-caraṇa he koṭi-bāhu
he koṭi-rūpa he koṭi nāma
tuma eka mūrti pratimūrti koṭi
he koṭimūrti tumako praṇāma
Ô toi, qui as des milliers de pieds, des milliers de bras
Ô toi, qui as des milliers d’aspects, des milliers de noms !
Tu es une icône, recélant des milliers d’icônes
Ô icône par milliers, nous te saluons !
yuga baṛhā tumhārī ha(n)sī dekha
yuga haṭā tumhārī bhṛkuṭi dekha
tuma acala mekhalā bana bhū kī
khīṁcate kāla para amiṭa rekha
L’époque progressa quand tu souris
L’époque se retira quand tu fronças les sourcils
Telle une sangle ferme autour de la terre
Tu ceins le Temps par un trait indélébile ;
tuma bola uṭhe yuga bola uṭhā
tuma mauna rahe yuga mauna banā
kuca karma tumhāre saṁcita kara
yuga karma jagā yuga dharma tanā
Tu élevas la voix, l’époque en fit de même,
Tu fis vœu de silence, l’époque se tut,
De quelques-unes de tes actions
Naquit le karma, s’érigea le dharma ;
yuga-parivartaka yuga-saṁsthāpaka
yuga-saṁcālaka yugādhāra
yuga-nirmātā yuga-murti tumheṁ
yuga-yuga taka yuga kā namaskāra
Ô humaniste du siècle, fondateur du siècle,
Meneur du siècle, socle du siècle !
Forgeur du siècle, icône du siècle,
Reçois les hommages de notre siècle pour des siècles à venir !
dṛṛha caraṇa sudṛṛha karasaṁpuṭa se
tuma kāla cakra kī cāla roka
nita mahākāla kī chātī para
likhate karuṇā ke puṇya śloka
D’un pas ferme, d’une main solide
Tu suspends la marche de la roue du Temps
Sans cesse, sur la poitrine du Temps,
Tu écris les purs versets de la compassion !
he yuga-dṛṣṭā he yuga-sṛṣṭā
paṛhate kaisā yaha mokṣa maṁtra
isa rājataṁtra ke khaṁḍahara meṁ
ugatā abhinava bhārata svataṁtra
Ô visionnaire de l’époque, ô créateur de l’époque
Quel mantra de libération déclames-tu ?
Sur les ruines de cet impérialisme,
L’Inde émerge, indépendante !