Sumitranandan Pant
Sumitranandan Pant

Sumitranandan Pant
do laṛake

Recueil de poèmes : Jayashankar Prasad, Suryakanta Tripathi ‘Nirala’, Sumitranandan Pant, Mahadevi Varma, publié chez Lokabharati Prakashan en 2001.

Sumitranandan Pant est considéré comme un des écrivains majeurs du mouvement littéraire hindi tchhāyāvād.

do laṛake Les deux garçons
Sumitranandan Pant Traduction : Muriel Calvet et Jyoti Garin
mere ā(n)gana meṁ, (ṭīle para hai merā ghara)
do choṭe-se laṛake ā jāte haiṁ akasara !
naṁge tana, gadabade, sā(n)vale, sahaja chabīle,
miṭṭī ke maṭamaile putale, – para phurtīle।
Dans la cour (ma maison est sur une colline),
Deux tout petits garçons apparaissent souvent,
Nus, dodus, basanés, spontanés, ils trottinent,
Poussiéreuses effigies de terre, mais agiles.
jaldī se ṭīle ke nīce udhara, utarakara
ve cuna le jāte kūṛe se nidhiyā(n) sundara –
sigareṭa ke khālī ḍibbe, pannī camakīlī,
phītoṁ ke ṭukaṛe, tasvīreṁ nīlī pīlī
māsika patroṁ ke kavaroṁ kī; au bandara se
kilakārī bharate haiṁ, khuśa ho-ho andara se।
dauṛa pāra ā(n)gana ke phira ho jāte ojhala
ve nāṭe chaḥ sāta sāla ke laṛake māṁsala
Vite en bas, et là;, la colline dévalée,
Ils trient et emportent des poubelles de beaux trésors,
Vieux paquets de cigarettes, alu brillant,
Morceaux de roues, images bleues, images jaunes,
Des couvertures de mensuels ; et tels des singes,
Emplis de cris de joie, heureux, heureux sous cape,
Ils se précipitent, traversent la cour, puis disparaissent
Ces tous petits, six-sept ans, à la chair potelée.
sundara lagatī nagna deha, mohatī nayana-mana,
mānava ke nāte ura meṁ bharatā apanāpana !
mānava ke bālaka haiṁ ye pāsī ke bacce
roma-roma mānava sā(n)ce meṁ ḍhāle sacce !
asthi-māṁsa ke ina jīvoṁ kā hī yaha jaga ghara,
ātmā kā adhivāsa na yaha – vaha sūkṣma, anaśvara !
nyauchāvara hai ātmā naśvara rakta-māṁsa para,
jaga kā adhikārī hai vaha, jo hai durbalatara !
Il est beau, le corps nu, il ravit les yeux et l’esprit,
En vertu de l’humanité, le cœur s’emplit d’affinité !
Ce sont des enfants de l’humanité, ces enfants d’oiseleurs,
Pleinement coulés dans le moule de l’humanité !
De ces êtres faits d’os et de chair, ce monde est leur maison,
Ce n’est pas la demeure de l’âme – elle – est subtile, impérissable !
L’âme est soumise au sang et à la chair, périssables ;
Il est le maître du monde, celui qui est le plus faible !
vahni, bāṛha, ulkā, jhaṁjhā kī bhīṣaṇa bhū para
kaise raha sakatā hai komala manuja kalevara ?
niṣṭhura hai jaṛa prakṛiti, sahaja bhaṁgura jivita jana,
mānava ko cāhiye yahā(n), manujocita sādhana !
kyoṁ na eka hoṁ mānava-mānava sabhī paraspara
mānavatā nirmāṇa kareṁ jaga meṁ lokottara।
jīvana kā prāsāda uṭhe bhū para gauravamaya,
mānava kā sāmrājya bane, mānava-hita niścaya।
Sur terre, [devant] la terreur du feu, de l’inondation, du météore et de la tempête
Comment peut la douce carcasse humaine habiter ?
La nature inconsciente est dure, l’être vivant, simple et éphémère,
Ici, l’homme a besoin d’un moyen digne de l’homme !
Pourquoi ne seraient-ils point égaux tous les hommes, entre eux ?
Puissent-ils construire une humanité dans cet univers, digne du monde !
Que le palais de la vie soit érigé sur terre, noble !
Que le royaume de l’humanité soit créé, certes, pour le bien de l’humanité !
jīvana kī kṣaṇa-dhūli raha sake jahā(n) surakṣita,
rakta-māṁsa kī icchāyaeṁ jana kī hoṁ pūrita !
– manuja, prema se jahā(n) raha sakeṁ, – mānava īśvara !
aura kauna-sā svarga cāhiye tujhe dharā para ?
Que l’instant-poussière de la vie puisse être protégé,
Que les désirs du sang et de la chair, comblés !
Que les hommes puissent habiter avec amour – homme-déifié !
Quel autre paradis veux-tu sur terre ?