Javed Akhtar
Javed Akhtar

Javed Akhtar
jurma aura sazā

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Poème extrait du recueil tarkash (carquois), publié pour la première fois en ourdou en 1995.

Écoutez ce poème, lu en français par Annette Mouret.

jurma aura sazā Crime et châtiment
Javed Akhtar Traduction : Ghania et Sophie-Lucile Daloz
hāṁ gunahagāra hūṁ maiṁ
jo sazā cāhe adālata dede
āpake sāmane sarakāra hūṁ maiṁ
Oui, je suis coupable !
Qu’importe la sentence de la cour,
Je suis là, devant vous, justice.
mujhako iqarāra
ki maiṁne ika dina
khuda ko nīlāma kiyā
aura rāzī-barazā
sarebāzāra sareāma kiyā
mujhako qīmata bhī bahuta khūba milī thī lekina
maiṁne saude meṁ khayānata kara lī
yānī
kucha khvāba bacākara rakkhe
maiṁne socā thā
kise furasata hai
jo merī rūha mere dila kī talāśī legā
maiṁne socā thā
kise hogī khabara
kitanā nādāna thā maiṁ
khvāba
chupa sakate haiṁ kyā
rauśanī
muṭṭhī meṁ ruka sakatī hai kyā
vo jo honā thā
huā
āpake sāmane sarakāra hūṁ maiṁ
jo sazā cāhe adālata dede
faisalā sunane ko taiyāra hūṁ maiṁ
hāṁ gunahagāra hūṁ maiṁ
Oui, c’est vrai,
Un jour,
Je me suis, moi, mis aux enchères
Avec le consentement de tout mon être.
Je me suis, moi, exposé sur la place du marché au vu et au su de tous.
J’ai tiré de moi-même un très bon prix, mais
Dans ce commerce, je fus déloyal,
Je veux dire…
J’ai conservé quelques rêves.
J’avais songé,
Mais qui donc aurait le loisir
De scruter mon âme, mon cœur ?
J’avais songé,
Qui le saurait ?
Quelle naïveté !
Les rêves,
Peut-on les cacher ?
La lumière,
Peut-on la contenir au creux d’un poing fermé ?
Ce qui devait être,
Fut.
Je suis là, devant vous, justice.
Qu’importe la sentence de la cour,
Je suis prêt à entendre son verdict.
Oui, je suis coupable !
faisalā ye hai adālata kā
tere sāre khvāba
āja se tere nahīṁ haiṁ mujarima
zahana ke sāre safara
aura tere dila kī paravāza
jisma meṁ bahate lahū ke nagame
rūha kā sāza
samāata
āvāza
āja se tere nahīṁ haiṁ mujarima
vasla kī sārī hadīseṁ
game hizāṁ kī kitāba
terī yādoṁ kā gulāba
terā ehasāsa
terī fikro nazara
terī sāateṁ
saba lamhe tere
rozo-śaba śāmo-sahara
āja se tere nahīṁ haiṁ mujarima
ye to insāfa huā tere kharīdāroṁ se
aura aba terī sazā
tujhe marane kī ijāzata nahīṁ
jīnā hogā
Voici le verdict de la cour :
« Tous tes rêves,
Dorénavant ne t’appartiennent plus, scélérat !
Tous les vagabondages de ton âme,
Les élévations de ton cœur,
Les chants du sang voyageant dans ton corps,
La musique de tout ton être,
Ton oreille,
Ta voix,
Ne t’appartiennent plus dorénavant, scélérat !
Les élégies des rencontres amoureuses,
Le livre du tourment de la séparation,
La rose de la réminiscence,
Ta sensibilité,
Tous tes songes,
Tes révélations,
Toutes tes secondes,
Tes jours, tes nuits, tes soirs et tes matins,
Dorénavant ne t’appartiennent plus, scélérat !
Ainsi, justice est faite à tes acquéreurs.
Et maintenant, voici ton châtiment :
Il ne t’est pas permis de mourir,
Tu es condamné à vivre. »