L’empereur Akbar et son vizir Birbal
bādaśāha ke āma

bādaśāha ke āma Les mangues de l’Empereur
  Traduction : Isabelle Terilli
bādaśāha akabara, unakī begama tathā bīrabala, tīnoṁ bāga meṁ baiṭhe āma khā rahe the। bādaśāha akabara ko mazāka sūjhā aura ve āma khākara usake chilake va guṭhaliyā(n) begama kī tarafa pheṁkane lage। L’empereur Akbar, sa bégum et Birbal, assis tous trois dans un jardin, mangeaient des mangues. Une plaisanterie vint à l’esprit de l’Empereur : tout en mangeant ses mangues, il se mit à lancer ses pelures et ses noyaux en direction de la bégum.
āma khā lene ke bāda bādaśāha akabara ne kahā – “maiṁne to eka-do āma hī khāe kintu begama ne to bahuta āma khā liye, dekho kitane chilake aura guṭhaliyā(n) usake sāmane paṛe haiṁ।” Après avoir mangé les mangues, Akbar dit : « Moi, je n’ai mangé qu’une ou deux mangues, mais la bégum, elle, en a beaucoup mangé. Regarde combien de pelures et de noyaux sont devant elle. »
begama śarma ke kāraṇa cupa rahī kintu bīrabala se na rahā gayā aura bolā – “huzūra āma to hama sabhī ne utane hī khāe haiṁ, para āpa to chilake guṭhaliyoṁ sameta hī khā gae। tabhī to āpake āge chīlake aura guṭhaliyā(n) nahīṁ haiṁ।” La bégum resta muette de honte, mais Birbal ne put se retenir et prit la parole : « Votre altesse, en fait, nous avons tous mangé autant de mangues ; mais vous, vous les avez mangées avec leurs pelures et leurs noyaux. C’est pourquoi, devant vous, il n’y a plus ni pelures ni noyaux. »
bādaśāha akabara jānate the ki bīrabala koī-na-koī javāba zarūra degā, isaliye ve burā nahīṁ māne balki ha(n)sa diye। L’Empereur Akbar savait que Birbal aurait à coup sûr une répartie. Aussi il ne s’en offusqua pas ; au contraire, il éclata de rire.